Publié le 21 décembre 2011

Retour sur les Inédits avec Dalibor Frioux

Qu’est-ce que cela fait à un ancien participant d’atelier régulier d’Aleph de publier un premier roman unanimement reconnu par la presse (Brut, Seuil 2011), de le voir prochainement paraître en poche, et de s’attaquer dans d’excellentes conditions à son deuxième roman ?

Normalien, agrégé de philosophie, professeur en exercice, Dalibor Frioux a la réponse sereine « Je ne suis pas devenu écrivain parce que j’ai écrit un livre. (…) Ça s’est fait sur un mélange de frustration ancienne et de conditions favorables (…) ». Remerciant à plusieurs reprises son ancienne animatrice, Aline Barbier avec laquelle il se retrouve cette fois du même côté de la table, saluant (comme le font rarement les auteurs français) le dispositif stimulant de l’atelier (« l’aventure collective… il y a une fraternité, un échange (…), le sens du partage »), il affiche une joyeuse humilité « On arrête de se rêver écrivain et on y va, et on n’a plus peur  ». Il évoque sa formation de philosophe (« Ce qui m’inspire, ce sont les concepts ») qui, si elle « dessèche l’écriture » lui fournit ses thèmes de prédilection, l’écologie urbaine, le non humain, le Double, l’excès. Peu enclin à l’autobiographie, il préfère la fiction car « la vie réelle n’est qu’un échantillon, il y a tant à inventer (…). Il faut muscler son imaginaire ».

Il évoque sa découverte d’autres auteurs et du « métier d’écrivain » confronté aux stratégies marketing des maisons d’édition, la crainte d’écrire un « roman jumeau du premier qui décevrait les lecteurs », dévoile quelques extraits de ce deuxième roman où il est question … de nous tous, de l’excès d’humains, et avec un humour décapant …d’enfermement. L’écriture ? « C’est vraiment comme une maladie. J’ai un plaisir fou à écrire, ça me ramène toujours à cette enfance où j’avais l’impression de posséder le monde ». Il faudrait encore citer Lawrence, Don De Lillo, Melville, Sartre, Bataille, Saramago, Kafka convoqués ce soir pour célébrer la littérature dont Camus disait « Il y a un endroit pour parler de « tout ça ».

Notre prochain rendez-vous est le 16 janvier 2012, à l’Institut finlandais où Estelle Lépine recevra Arnaud Cathrine.

Image 1 sur 4

Image 2 sur 4

Image 3 sur 4

Image 4 sur 4