Qu’est-ce que cela fait à un ancien participant d’atelier régulier d’Aleph de publier un premier roman unanimement reconnu par la presse (Brut, Seuil 2011), de le voir prochainement paraître en poche, et de s’attaquer dans d’excellentes conditions à son deuxième roman ?
Normalien, agrégé de philosophie, professeur en exercice, Dalibor Frioux a la réponse sereine « Je ne suis pas devenu écrivain parce que j’ai écrit un livre. (…) Ça s’est fait sur un mélange de frustration ancienne et de conditions favorables (…) ». Remerciant à plusieurs reprises son ancienne animatrice, Aline Barbier avec laquelle il se retrouve cette fois du même côté de la table, saluant (comme le font rarement les auteurs français) le dispositif stimulant de l’atelier (« l’aventure collective… il y a une fraternité, un échange (…), le sens du partage »), il affiche une joyeuse humilité « On arrête de se rêver écrivain et on y va, et on n’a plus peur ». Il évoque sa formation de philosophe (« Ce qui m’inspire, ce sont les concepts ») qui, si elle « dessèche l’écriture » lui fournit ses thèmes de prédilection, l’écologie urbaine, le non humain, le Double, l’excès. Peu enclin à l’autobiographie, il préfère la fiction car « la vie réelle n’est qu’un échantillon, il y a tant à inventer (…). Il faut muscler son imaginaire ».
Il évoque sa découverte d’autres auteurs et du « métier d’écrivain » confronté aux stratégies marketing des maisons d’édition, la crainte d’écrire un « roman jumeau du premier qui décevrait les lecteurs », dévoile quelques extraits de ce deuxième roman où il est question … de nous tous, de l’excès d’humains, et avec un humour décapant …d’enfermement. L’écriture ? « C’est vraiment comme une maladie. J’ai un plaisir fou à écrire, ça me ramène toujours à cette enfance où j’avais l’impression de posséder le monde ». Il faudrait encore citer Lawrence, Don De Lillo, Melville, Sartre, Bataille, Saramago, Kafka convoqués ce soir pour célébrer la littérature dont Camus disait « Il y a un endroit pour parler de « tout ça ».
Notre prochain rendez-vous est le 16 janvier 2012, à l’Institut finlandais où Estelle Lépine recevra Arnaud Cathrine.
Publié le 21 décembre 2011
Retour sur les Inédits avec Dalibor Frioux
Les autres Inédits
- Retour sur les Inédits avec Tatiana Arfel
Lundi 6 février 2012. Tatiana Arfel regarde la salle avec sérieux, exprime son plaisir et son (...) - Lire la suite
- Retour sur les Inédits avec Arnaud Cathrine
C’est avec pudeur et autodérision qu’Arnaud Cathrine explore avec Estelle Lépine qui le reçoit dans (...) - Lire la suite
- Retour sur les Inédits avec Michel Volkovitch
Inauguration ce 28 novembre 2011 de notre troisième saison des Inédits, en présence de Michel (...) - Lire la suite
- Les Inédits à Paris
Pourquoi donc les écrivains invités à donner des lectures publiques lisent-ils seulement, la (...) - Lire la suite
- Retour sur la rencontre avec Eva Almassy
« Je faisais chambre à part pour lire Proust ». L’auteure d’origine hongroise écrit son premier (...) - Lire la suite
1
|
2
|
3
|>
